Colloque international ERC AGRELITA coorganisé avec l’École française d’Athènes
25-26 février 2027 à l’École française d’Athènes
Appel à communications
(Please find an English version of this call below)
Le projet ERC AGRELITA organise en collaboration avec l’École française d’Athènes un colloque international intitulé « De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (XIVe-XIXe siècle) ».
Ce colloque se propose d’explorer les représentations des réalités matérielles de la Grèce antique dans les œuvres littéraires écrites entre le XIVe et le XIXe siècle et d’étudier la manière dont les auteurs se sont forgé des images de la Grèce ancienne à partir de sa matérialité telle qu’ils se l’approprient et l’intègrent dans des textes divers. Son objectif est d’analyser comment la matérialité de la Grèce antique (monuments, édifices, ruines, œuvres d’art, objets, vêtements…) a été imaginée ou reproduite, reconstituée, réinterprétée et à nouveau fantasmée, avant et après les découvertes de vestiges matériels lors de voyages, d’explorations et de fouilles archéologiques. Il porte ainsi sur les alternances et surtout les interactions entre d’une part les constructions de l’imaginaire et de la pensée, et de l’autre les vestiges matériels de la Grèce ancienne découverts au fil des siècles, dont les œuvres proposent des reflets littéraires.
Nous envisageons volontairement le corpus des textes littéraires dans son extension la plus large, celle qui prévaut durant la majorité des siècles considérés : romans, poésies, textes historiques, récits de voyage, littérature antiquaire, littérature d’art et d’architecture, traités archéologiques, récits de missions archéologiques, textes didactiques… Il s’agira de croiser les analyses sur des formes d’écriture souvent séparées. L’attention sera portée sur les textes et aussi les images visuelles susceptibles de les accompagner, qui mettent en scène des vestiges matériels associés à la Grèce antique, mais également les pratiques qui leur sont liées (politiques, artistiques, religieuses, funéraires, etc.).
Les réalités matérielles que les auteurs figurent relèvent parfois en effet de la seule création de l’imaginaire. Nous pensons ici particulièrement à des textes du XIVe siècle et du début du XVe siècle, mais pas seulement. Elles sont plus souvent le reflet et la réélaboration de realia grecques ou identifiées comme telles : reproduction, transformation, projection de l’imaginaire et/ou de cadres de pensée se mêlent alors. Les auteurs des textes envisagés ont parfois eu un accès direct aux realia grecques qu’ils représentent – des voyageurs, des antiquaires, des archéologues… – et/ou écrivent à partir de sources médiatrices diverses et de leur propre vision de la Grèce. Leur pensée et leur imaginaire ont pu conditionner la représentation et l’interprétation de cette matérialité découverte directement ou indirectement, jusqu’à la réinventer. Quels éléments de la matérialité de la Grèce ancienne intéressent les auteurs au fil des siècles, avec quels modes de figuration et pour quelles finalités ? Comment s’articulent différentes représentations de la matérialité de la Grèce antique d’une époque à l’autre, à une même époque et parfois dans une même œuvre ? Comment la réception de cette matérialité change-t-elle aussi d’un espace culturel à l’autre ?
De l’engouement pour la Grèce antique qui se développe à partir du XIVe siècle, jusqu’à la naissance de l’archéologie moderne au XIXe siècle, ce sont toutes ces matérialités fantasmées de la Grèce ancienne dans des textes littéraires que ce colloque souhaite explorer. Il a pour dessein de retracer l’évolution du regard que des auteurs très nombreux ont porté sur les vestiges matériels de la Grèce, et celle de leurs représentations, c’est-à-dire de leurs modes d’appropriation. À ce titre, la remise en contexte des ouvrages étudiés nous paraît essentielle pour mieux appréhender les enjeux (esthétiques, politiques, identitaires, etc.) qui sous-tendent ces représentations.
Les propositions sont à adresser (titre et résumé de 200-300 mots, bref cv) avant le 15 mai 2026 à Catherine Gaullier-Bougassas et à Lorène Bellanger aux adresses suivantes :
Les propositions pourront être présentées en français ou en anglais.
Pour assurer une publication avant la fin du projet ERC, nous demandons aux auteurs de nous envoyer leur texte avant le 23 décembre 2026. Des modifications pourront être apportées après le colloque.
Les articles issus des contributions seront publiés chez Brepols dans la collection « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité » : http://www.brepols.net/Pages/BrowseBySeries.aspx?TreeSeries=RRA.
International conference ERC AGRELITA co-organized with the French School of Athens
From imagination to remains, from remains to imagination: literary representations of ancient Greece in its materiality (14th-19th centuries)
February 25-26, 2027 at the French School of Athens
Call for papers
This conference aims to explore representations of the material realities of ancient Greece in literary works written between the 14th and 19th centuries, and to examine how authors constructed images of ancient Greece based on its materiality, as they appropriated and incorporated it into various texts. Its purpose is to analyze how the materiality of ancient Greece (monuments, buildings, ruins, works of art, objects, clothing, etc.) was imagined or reproduced, reconstructed, reinterpreted and re-imagined, both before and after the discovery of material remains during travels, explorations and archaeological excavations. It thus focuses on the shifts and, above all, the interactions between, on the one hand, the constructions of the imagination and thought, and, on the other, the material remains of ancient Greece discovered over the centuries, which are reflected in literature.
We deliberately consider the corpus of literary texts in its broadest sense, as it was understood throughout most of the centuries under consideration: novels, poetry, historical texts, travelogues, antiquarian literature, literature on art and architecture, archaeological treatises, accounts of archaeological expeditions, educational texts… The aim will be to cross-reference analyses of writing forms that are often treated separately. Attention will be focused on the texts and also on the visual images that may accompany them, which depict material remains associated with ancient Greece, as well as the practices linked to them (political, artistic, religious, funerary, etc.).
The material realities depicted by the authors are, in fact, sometimes the product of the imagination alone. We are thinking here particularly of texts from the 14th and early 15th centuries, though not exclusively. More often, they reflect and rework Greek realia or elements identified as such: reproduction, transformation, and the projection of the imagination and/or conceptual frameworks are thus intertwined. The authors of the texts under consideration sometimes had direct access to the Greek realia they depict—travelers, antiquarians, archaeologists…—and/or wrote on the basis of various intermediary sources and their own vision of Greece. Their thinking and imagination may have shaped the representation and interpretation of this materiality, discovered directly or indirectly, to the point of reinventing it. Which aspects of the materiality of ancient Greece have interested authors over the centuries, through which modes of representation and for what purposes? How do different representations of the materiality of ancient Greece relate to one another from one era to the next, within the same era and sometimes within the same work? How does the reception of this materiality also vary from one cultural sphere to another?
From the growing fascination with ancient Greece that emerged in the 14th century through to the birth of modern archaeology in the 19th century, this conference aims to explore the fantasized material representations of ancient Greece found in literary texts. Its goal is to trace the evolution of the perspective taken by numerous authors on the material remains of Greece, and that of their representations—that is, their modes of appropriation. In this regard, we believe it is essential to place the works under study in their historical context in order to better understand the issues (aesthetic, political, identity-related, etc.) underlying these representations.
Proposals (including a title and an abstract of 200–300 words, and a brief CV) should be submitted by 15 May 2026 to Catherine Gaullier-Bougassas and Lorène Bellanger at the following addresses:
Proposals may be submitted in French or English.
To ensure publication before the end of the ERC project, we ask authors to send us their text by 23 December 2026. Changes may be made after the conference.
The articles resulting from the contributions will be published by Brepols in the book series “Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité”: http://www.brepols.net/ Pages/BrowseBySeries.aspx?TreeSeries=RRA.
Illustration : Vue du théâtre de Bacchus in James Stuart et Nicholas Revett, The Antiquities of Athens, Londres, John Haberkorn et John Nichols, 1762-1787, Bibliothèque de l’Institut National d’histoire de l’Art, collections Jacques Doucet, Fol Res 639, vol. 2, ch. 3, p. 29.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
lorenebellanger (18 mars 2026). De l’imaginaire aux vestiges, des vestiges à l’imaginaire : représentations littéraires de la Grèce antique dans sa matérialité (XIVe-XIXe siècle). AGRELITA Project ERC Advanced Grant. Consulté le 16 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15w94