Rêve de satyres et de tortues. Le frontispice du Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin à travers l’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (1554)

[Par Angèle Tence, post-doctorante ERC AGRELITA]

À l’instar d’un grand nombre d’institutions patrimoniales françaises et européennes, la Bibliothèque universitaire de Caen a mis ses collections en libre accès sur la base Normanum. Cette bibliothèque virtuelle permet de découvrir des lettres et documents manuscrits, des cartes et des plans, des photos, des estampes et des livres imprimés allant du XVe au XIXe siècle. Parmi ces documents hétéroclites figurent deux traductions modernes de l’Hypnerotomachia Poliphili ou Songe de Poliphile (littéralement, « le combat en songe de celui qui aime Polia »). La première (cote 21439) est la traduction italienne de 1545 imprimée aux presses aldines. La seconde (cote 21440) est la deuxième édition de la traduction française, parue à Paris chez Marin Masselin en 1554.

Le don Nelly Corbeau à la Bibliothèque universitaire de Caen

Ces deux ouvrages font partie du don Nelly Corbeau (1901-1984). Dans l’histoire de l’université de Caen, on a pu retenir le nom d’André Corbeau (1891-1971), son frère aîné. Notaire de formation, c’est lui qui tombe par hasard, en 1922, sur la Bulle Quoniam du 6 juillet 1451, qui confirme les privilèges de l’université. À sa mort, il lègue à la Bibliothèque universitaire un fonds exceptionnel, le Fond Vinci, regroupant aux dires de Madeleine Dupasquier « l’ensemble des textes de Vinci et la critique sur l’homme et sur l’œuvre » (Fabrizio-Costa, 2018, p. 46). En 1973, Nelly Corbeau fait à son tour un don de 42 imprimés datés du XVIe au XVIIIe siècle. Parmi eux se trouvent de véritables best-sellers de la Renaissance tels que les Quatre livres des proportions d’Albrecht Dürer (éd. 1591), les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes de Giorgio Vasari (éd. 1568), une Chronique de Nuremberg (1493), des ouvrages d’André Vésale et d’Abraham Ortelius.

Fig. 1 – Francesco Colonna, Discours du Songe de Poliphile, trad. par Jean Martin, Paris, chez Marin Masselin pour Jacques Kerver, 1554, Caen, Bibliothèque universitaire, 21440 (don Nelly Corbeau)

Proposée au libraire-éditeur Jacques Kerver, l’Hypnérotomachie ou Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin paraît en 1546, un an après la traduction en italien vulgaire. L’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (fig. 1) est issu de la deuxième édition de cet ouvrage (1554). Elle manifeste avec éclat le succès de la traduction de Jean Martin, qui sut « acclimat[er] » Poliphile au « goût français » (Furno, 2009). Plus qu’une traduction, il s’agit d’une adaptation et d’une réécriture abrégée du roman de Francesco Colonna (1433-1527), moine dominicain du couvent des Santi Giovanni e Paolo à Venise. Achevé en 1467, le texte original n’est publié que trente ans plus tard, en décembre 1499, par le libraire-éditeur Aldo Manuzio (1449-1515). Nous y suivons les aventures de Poliphile et de sa bien-aimée Polia, deux figures en miroir à l’intérieur du rêve. Dans son périple vers l’île de Vénus, Poliphile explore des forêts sauvages, des jardins truffés d’édifices antiques et de ruines inquiétantes, contemple des reliefs sculptés, des « hiéroglyphes » qui à la fois le fascinent et l’effraient, tandis que Polia, qui s’était entièrement vouée à Diane, finit par amour par se faire une place auprès des nymphes de Vénus. Œuvre majeure de la littérature du XVe siècle, le Songe continue de susciter la curiosité des historiens et historiennes de l’art, avides d’en percer les secrets, fascinés par ses personnages, ses jardins et ses édifices mystérieux.

Souvent attribuées à Jean Goujon (1510-1567) qui avait d’abord travaillé à Rouen avant de s’illustrer à Paris (Zerner 1996, p. 282), les gravures sur bois du Songe de 1554 apportent au cycle iconographique de l’édition de 1499 un « esprit maniériste » reconnaissable à la sophistication des figures, à la richesse et à la complexité des motifs végétaux ou architecturaux. Son énigmatique frontispice (fig. 2) reste aujourd’hui peu étudié. Il relève d’une combinaison d’ornements, de texte, de marques et de figures allégoriques que nous avons ici l’occasion d’étudier en mettant l’accent sur des thèmes antiques rarement véhiculés ou représentés de cette manière.

Fig. 2 – Jean Goujon (?), Frontispice du Discours du Songe de Poliphile, trad. par Jean Martin, Paris, chez Marin Masselin pour Jacques Kerver, 1554, Caen, Bibliothèque universitaire, 21440 (don Nelly Corbeau)

Les termes-satyres : la sauvagerie domestiquée ?

Notons, dans l’ovale du frontispice, la présence appuyée d’une marque d’ancien possesseur. Cette signature à l’encre brune s’impose avec insolence parmi les « entours du texte » (Blair, 2021) imprimés à l’encre noire et disposés au centre, de haut en bas : les titre et sous-titre, la note d’intention (dévoiler « soubz la fiction » des « matieres profitables, et dignes de memoire »), l’indication du travail de traduction et autres données autour desquelles les motifs sont symétriquement répartis. De part et d’autre de l’ovale, le satyre couronné de feuilles de chêne et la satyresse semblent bien à l’étroit : leurs cornes dépassent de leurs niches. Leur présence n’a rien d’étonnant. Le Songe de Poliphile regorge de nymphes et de satyres. Le volume comprend par exemple une célèbre image en rapport avec la description d’un relief ornant une fontaine (fig. 3). Dans un encadrement à l’aspect d’une façade de temple grec, un satyre ithyphallique – « tout esmee et enflambé d’amour » (fol. 23) – plie la branche d’un arbre pour faire de l’ombre à une nymphe endormie. De l’autre main, il « tiroit le bout d’une courtine attachée aux basses branches de l’arbre » (fol. 24) sous le regard de deux satyreaux aux attributs mystérieux. L’inscription de la frise, en grec, signifie « a la mere de toute chose » (fol. 24). Cette allégorie – au sens global d’image allégorique – n’a pas uniquement pour fonction d’illustrer le texte. Elle donne forme au désir de voir, au plaisir de la contemplation, incarné ici par l’efficacité gestuelle du satyre qui dévoile ce qui était gardé secret : un nu féminin étendu et offert. L’érotisation du corps de la nymphe endormie ainsi s’entrecroise avec le thème de la nature nourricière (des seins de la nymphe jaillissent les traits d’eau de la source). Et pour l’auteur du Songe, il ne suffit pas de célébrer l’œuvre. Les honneurs reviennent à « la hardiesse et la grand patience de l’ouvrier » qui l’a conçue (fol. 24).

Fig. 3 – : Jean Goujon (?), Nymphe, satyre et satyreaux : relief de l’une des faces d’une fontaine octogonale, in Francesco Colonna, Discours du Songe de Poliphile, 1554, Caen, Bibliothèque universitaire, 21440 (don Nelly Corbeau), fol. 23.

La représentation des deux satyres du frontispice est bien différente (fig. 4 et 5). Ils forment des termes, figures anthropomorphes engoncées dans des gaines et généralement placées de part et d’autre d’un édifice. En le soumettant ainsi à un principe de fixité, l’inventeur du frontispice propose-t-il une version « bridée » du satyre, une image de la sauvagerie et de l’appétit sexuel domestiqués ? Pas nécessairement. Ces termes-satyres ont tous deux une main repliée au-dessus du ventre, l’autre serrant un drapé contre soi, pas assez haut pour cacher tout à fait leurs pubis. Serait-ce une reformulation d’un type de la statuaire antique ? On pense à la Vénus en bronze de Fontainebleau, fondue sous la direction de Primatice en 1543 d’après un moulage de la Vénus du Belvédère. La position des doigts de la satyresse est également très proche de celle de l’une des nymphes de la Fontaine des Innocents, ce qui renforce l’hypothèse d’une attribution à Jean Goujon. Si la satyresse adopte une expression prudente, le sourire espiègle et les traits ensauvagés du mâle ne sont pas sans évoquer le caractère licencieux des satyres. Sans compter les formes suggestives des fruits, légumes et racines, comme si le contenu d’une corne d’abondance s’était déversé sur la page jusqu’aux putti ailés, en bas, aux poires tournées vers l’entrejambe.

Fig. 4 – détail du satyre, frontispice du Discours du Songe de Poliphile, 1554 (Caen)
Fig. 5 – détail de la satyresse, frontispice du Discours du Songe de Poliphile, 1554 (Caen)

Qu’il s’agisse de Jean Goujon ou d’un autre artiste de la Renaissance française, l’inventeur de cette composition cherche surtout à adapter à la structure du frontispice la rhétorique ornementale de la « première » école de Fontainebleau, associée à Rosso Fiorentino (qui arrive à la cour de François Ier en 1530) et au Primatice (qui, à la mort de Rosso en 1540, lui succède à la tête des chantiers décoratifs bellifontains). Les splendides stucs du maître florentin de part et d’autre de l’Ignorance chassée, dans la galerie François Ier, sont peut-être à l’origine de la résurgence dans l’art français d’une typologie de figures héritées de l’Antiquité grecque : le couple de satyres mâle et femelle (Deldicque, 2011, p. 42). Dans une estampe d’Antonio Fantuzzi (fig. 6), ayant un peu perdu de leur charme, ces êtres hybrides à pattes de bouc portent des paniers de fleurs tout en oscillant sur leurs socles, agrippés par des satyreaux facétieux, accompagnés de guirlandes et de nus des deux sexes. Dans l’histoire de la gravure bellifontaine, les estampes de Léonard Thiry d’après les dessins de René Boyvin pour le Livre de la Conqueste de la Toison d’or (1563) comportent également une structure d’encadrement riche de figures hybrides et de créatures mythologiques aux accents grotesques. On reconnaît dans les marges latérales de l’une des compositions, Le Départ de Jason et Médée (fig. 7), un autre couple de satyres féminin et masculin. Faisant face aux spectateurs, ces termes-satyres portent sur leurs épaules des cuirs enroulés remplis de fruits et de légumes aux formes bien souvent phalliques. Espiègles et entourés d’une abondance de motifs, ils détournent aisément l’attention des spectateurs qui, pourtant, se laisse tout aussi aisément happé par la splendide représentation nocturne de la rencontre entre les deux amants, devant le vaisseau de l’Argos.

Fig. 6 – Antonio Fantuzzi (graveur) d’après Rosso Fiorentino, Encadrement pour l’Ignorance chassée, 1543, gravure sur cuivre, 27,2 x 54,4 cm, New York, The Metropolitan Museum, inv. 66.658.5.
Fig. 7 – René Boyvin d’après Leonard Thiry, Le Départ de Jason et Médée, planche 14 de la série d’estampes pour le Livre de la Conqueste de la Toison d’or par le Prince Jason de Tessalie, 1563, gravure, 15.8 × 23.2 cmNew York, The Metropolitan Museum, 2018.839.53.1.

Les termes-satyres du Songe eux aussi semblent s’animer. Leurs têtes pivotent vers l’ovale central (fig. 2) et de ce fait orientent les lecteurs vers les données textuelles. Ici, pas de petits satyres, mais deux écus vus de profil, à la base des piliers. Sur leurs faces externes comme sur le cartouche dominant est inscrite la marque typographique de Jacques Kerver, l’imprimeur et éditeur du Songe de 1546. Dans un dessin reproduisant le frontispice et conservé à Chantilly (Musée Condé, inv. DE 366-1), ces marques sont ajoutées au pastel orangé : on les reconnaît au premier coup d’œil.

Les tortues : marque d’imprimeur et allégorie ?

Au registre inférieur, deux tortues se font face. Elles comblent le vide entre les « putti aux poires » et la bordure inférieure du cartouche de la date (fig. 8). Leur présence paraît incongrue. Tandis que les termes-satyres s’inscrivent dans un système cohérent de signes visuels et textuels, articulé grâce à des éléments de liaisons (guirlandes, cuirs enroulés, rubans etc.), ces tortues cistude, discrètes et néanmoins bien visibles, semblent avoir un statut différent. Nous savons qu’il s’agit de la marque de l’imprimeur qui travaille pour Jacques Kerver (échange avec Thierry Claerr). Cependant, vue l’histoire du motif emblématique de la tortue à la Renaissance, il nous a paru intéressant de dépasser cette identification typographique pour observer plus en détail ce que ces animaux, leur place dans le frontispice et leurs significations, apportent à l’ouvrage de 1554.

Fig. 8 – détail des tortues, frontispice du Discours du Songe de Poliphile, 1554 (Caen)

On aurait pu en rechercher l’explication dans les bestiaires ou dans les Fables d’Esope. Mais il faut commencer par ouvrir une nouvelle fois le Songe. Au folio 46 (fig. 9), le premier des deux hiéroglyphes représente une femme à demi assise et à demi levée. Dans sa main droite, elle tient une tortue ; dans l’autre, « deux aelles ». Examinant les emblèmes de Louise de Savoie, Anne Marie Lecoq décrypte ce motif par l’inscription latine qui l’accompagne, Velocitatem sedendo, tarditatem tempera surgendo : « Tempère ta vivacité en t’asseyant et ta lenteur en te levant » (Lecoq, 1987, p. 95-101). Il s’agit donc d’une allégorie de la prudence. La tortue symbolise la lenteur de la prise de décision qui doit nécessairement précéder toute action. Au cours du XVIe siècle, cette allégorie s’extrait du roman pour conquérir l’emblématique. Dans l’édition française des Emblèmes du médecin hollandais Hadrianus Junius (1511-1575), l’emblème XXXII (fig. 10) a pour titre « La vitesse doit temperee par la tardiveté et la tardiveté par la vitesse ». Sous l’image de la femme tenant les ailes et la tortue dans un paysage boisé, le court poème allégorique (la subscriptio) réinvente le double antagonisme vitesse-lenteur et lourdeur-légèreté : « Il faut tout attremper et par une vitesse / Recompenser tousjours la trop lourde paresse, / Et conjoindre un arest à la legereté. »

Fig. 9 – Jean Goujon (?), Hiéroglyphe de la femme à demi assise, in Francesco Colonna, Discours du Songe de Poliphile, 1554, Caen, Bibliothèque universitaire, 21440 (don Nelly Corbeau), fol. 46.
Fig. 10 – Geoffroy Ballain et Pieter Huys (inventeurs), Emblème XXXII, in Hadrianus Junius, Les emblesmes, trad. par Jacques Grévin, Anvers, Christophe Plantin, 1567, University of Glasgow, College of art and Humanities, fol. 36, en ligne : https://www.emblems.arts.gla.ac.uk/french/emblem.php?id=FJUa032

Aux racines de cette allégorie se trouve l’antique adage Festina lente ou Festina tarde. D’après Suétone, l’empereur Auguste répétait cette formule, σπεῦδε βραδέως (ou speüdeïn bradéōs, « hâte-toi lentement »), pour inciter les généraux à faire preuve de prudence, à freiner leur ardeur militaire (Suétone, 2023, p. 75). Dans les Adages, Érasme de Rotterdam nous en apprend davantage sur l’origine de cette devise : un auteur grec aurait détourné une expression d’Aristophane (« hâte-toi rapidement ») en remplaçant « rapidement » par « lentement » (Érasme, 2019, p. 43). Pour Érasme, citant Homère, tous les princes devraient appliquer scrupuleusement cette règle. Au Palazzo Vecchio de Florence, une tortue cistude sur son îlot, munie de sa voile, forme l’un des emblèmes de Cosme Ier de Médicis, Grand-duc de Toscane. Le vent de la fortune, bonne ou mauvaise, a beau gonflé la voile en sens contraire, l’animal reste stable, imperturbable face au déchaînement des éléments. Signe que dans toute affaire, il faut toujours avancer prudemment, garder son cap et s’armer de patience…

Aldo Manuzio lui-même s’approprie la devise augustéenne. Sa marque typographique est reconnaissable entre mille : le dauphin enroulé autour de l’ancre devient l’allégorie visuelle du Festina lente ou Festina tarde des presses aldines. Elle apparaît au frontispice de l’exemplaire de la traduction italienne conservée à la Bibliothèque universitaire de Caen (fig. 11) mais aussi dans le corps de texte, à travers un hiéroglyphe horizontal que contemple Poliphile. Dans l’édition française, l’inscription Semper festina tarde qui accompagne ce faux hiéroglyphe (fig. 12) est traduite par « Tousjours haste toy par loysir », autrement dit avec application, lentement (fol. 22). Les tortues du frontispice de l’édition française du Songe, reproduites dans la seconde édition de 1554, n’ont bien évidemment plus rien de commun avec la forme antique du dauphin. Pour cause, il s’agit d’une autre marque typographique. Si, d’un autre côté, on explore leur parenté ou leur connexion avec d’autres hiéroglyphes du Songe et emblèmes de la Renaissance associés au thème de la prudence, on peut aussi y voir une réinterprétation cryptée, complexifiée et naturaliste du Festina lente des presses aldines, ou peut-être plus exactement d’une allégorie de la prudence « cachée » au cœur du frontispice.

Fig. 11 – Frontispice de l’Hypnerotomachia di Poliphilo, trad. anonyme, Venise, chez Aldo Manuzio, 1545, Caen, Bibliothèque universitaire, 21439 (don Nelly Corbeau)
Fig. 12 – Jean Goujon (?), Semper festina tarde, in Francesco Colonna, Discours du Songe de Poliphile, 1554, Caen, Bibliothèque universitaire, 21440 (don Nelly Corbeau), fol. 22.

Dans cette perspective, ces tortues s’interprètent aussi à l’aune d’une réflexion sur le travail des artistes et sur l’acte créateur lui-même. On se souvient du relief de la fontaine, au fol. 23 de notre exemplaire (fig. 3). Le traducteur louait « la hardiesse et la grand patience de l’ouvrier ». Cette partie de l’éloge reformule le Festina lente ou speüdeïn bradéōs : la devise s’applique au travail du sculpteur. Il est célébré pour sa rapidité d’exécution comme pour sa patience dans l’ouvrage. De ce fait, les tortues de la lenteur et de la prudence ont une fonction réflexive. Elles renvoient aussi bien au projet initial de Jean Martin qu’à l’illustration de l’ouvrage et au travail de Jacques Kerver et de son imprimeur. Récompense ultime du temps, de la patience et de la persévérance des ces différents acteurs, ce Songe de Poliphile « Nouvellement traduict de langage Italien en François », presque cinquante ans après l’édition princeps, connaît en effet un succès qui tient aussi bien à l’originalité de la traduction qu’au cycle des gravures, riche matière à rêver dont il reste encore bien des aspects à étudier.

Bibliographie

Ann Blair, L’entour du texte. La publication du livre savant à la Renaissance, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2021

Silvia Fabrizio-Costa (dir.), André Corbeau, un bibliophile et érudit entre France et Italie au nom de Léonard de Vinci, Peter Lang, collection Leia, volume 42, 2018

Mathieu Deldicque (dir.), Le Trait de la séduction. Dessins de l’école de Fontainebleau, cat. exp. (Chantilly, Musée Condé, 2011), Château de Chantilly-Editions Faton, 2011

Martine Furno, « Hypnerotomachie, ou Discours du songe de Poliphile (1554) », en ligne sur la base Architectura, dir. Frédérique Lemerle et Yves Pauwels, CESR, université de Tours, 2009 : https://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/ENSBA_LES1360.asp?param=#notice (consultée le 02/04/2025).

Agnès Guiderdoni-Bruslé, « Rébus de pierre et calligrammes dans Le Songe de Poliphile (1546). Les architectures parlantes de la langue parfaite », Interfaces. Image-Texte-Langage, vol. 24, 2004, p. 59-83

Anne-Marie Lecoq, François Ier imaginaire. Symbolique et politique à l’aube de la Renaissance française, Paris, Macula, 1987

Henri Zerner, L’Art de la Renaissance en France. L’invention du classicisme, Paris, Flammarion, 1996

Suétone, Les Vies des douze César, Paris, La République des Lettres, 2023

Erasme, Les Adages, éd. J. C. Saladin, Paris, les Belles lettres, 2019, p. 43, en ligne : https://univ-scholarvox-com.ezproxy.normandie-univ.fr/reader/docid/88874486/page/43

Francesco Colonna, Le songe de Poliphile, traduction de Jean Martin (1546), présentée, translittérée et annotée par G. Polizzi, Paris, Éditions de l’Imprimerie nationale, 1994

Pour citer ce billet : Angèle Tence, “Rêve de satyres et de tortues. Le frontispice du Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin à travers l’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (1554)”, dans le carnet de recherches AGRELITA Project ERC Advanced Grant, ISSN 2827-7031, 10/06/2025, https://agrelita.hypotheses.org/7531.

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The AGRELITA project was launched on October 1st, 2021. It is a 6-year project (2021-2027), which has received funding from the European Research Council (ERC) under the European Union’s Horizon 2020 Research and Innovation Program (Grant Agreement n°101018777).


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
laurecebe (10 juin 2025). Rêve de satyres et de tortues. Le frontispice du Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin à travers l’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (1554). AGRELITA Project ERC Advanced Grant. Consulté le 8 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/142za


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