Archives de catégorie : Blog

Learning how to rule with fables: Homer, Aesop and Ovid explained to Francis I’s children in a middle-French adaptation of Erasmus’ Institutio principis christiani (1526)

[Par Angèle Tence, chercheuse post-doctorante pour l’ERC AGRELITA]

Epithome ou Sommaire du traicté d’Erasme de Roterdam, de l’institution d’ung prince chrestien jusques en l’eage d’adolescence is a free adaptation into French of Erasmus’ Institutio principis christiani (1516). The text is preserved in a manuscript in Chantilly (Bibliothèque du Château, ms. 316). The goal of this paper is to highlight the pedagogical purpose of this manuscript by exploring three of its miniatures.

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Écho et Narcisse de Mestre Valentim : un des premiers cas de la réception de l’Antiquité au Brésil

[Par Deivid Valério Gaia, professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, chercheur invité en résidence ERC AGRELITA]

Les études sur la réception de l’Antiquité au Brésil ont connu une croissance significative au cours des deux dernières décennies. Ce mouvement s’explique par une tendance globale, surtout dans l’Occident, dans le milieu universitaire (notamment chez les historiens de l’art et de la littérature) et par la reconnaissance que de telles études sont aussi des outils fondamentaux pour comprendre la société brésilienne à partir de la fin du XVIIIe siècle, en particulier dans le domaine des arts et de la politique.

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L’archétype berchorien d’Apollon au monstre tricéphale dans l’iconographie de l’Epistre Othea et du Livre des Eschez amoureux moralisés

[Par Andreea Apostu, chercheuse à l’Institut d’Histoire des Religions de l’Académie Roumaine, chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

L’influence du De formis figurisque deorum de Pierre Bersuire sur la représentation visuelle du dieu Apollon, associé à un monstre tricéphale, allégorie du temps, excède le cadre de la tradition manuscrite ovidienne pour s’étendre au XVe siècle aux programmes visuels d’autres textes médiévaux, comme l’Epistre Othea de Christine de Pizan et le Livre des Eschez amoureux moralisés d’Évrart de Conty, tous deux composés vers 1400. 

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Apollon et le monstre tricéphale : circulation des figures et mutations visuelles dans la tradition manuscrite de l’Ovide moralisé (XIVe–XVe siècle)

[Par Andreea Apostu, chercheuse à l’Institut d’Histoire des Religions de l’Académie Roumaine, chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

Réécritures médiévales d’une même création littéraire antique au XIVe siècle, l’Ovide moralisé – d’abord en vers, puis en prose – et l’Ovidius moralizatus de Pierre Bersuire engagent, à partir des années 1350-1360, un dialogue intertextuel et intermédial aussi riche que fascinant. Ce jeu de reflets et d’emprunts témoigne à la fois de l’intense circulation et de la perméabilité des réseaux textuels et des modèles visuels, ainsi que du goût pour l’innovation des maîtres enlumineurs. L’échange aboutit, entre autres, à une nouvelle iconographie des divinités gréco-romaines dans les manuscrits de l’Ovide moralisé – nouvelle par rapport à celle mise en place par les témoins les plus anciens, tel le ms. O.4 de Rouen –, y compris à une représentation différente du dieu Apollon, qui est désormais associé à un monstre tricéphale, allégorie du Temps, pourvu d’une tête de chien, de loup et de lion, réunies par un corps à queue serpentine.

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Quelques approfondissements à propos de la “Danza degli amorini” de Francesco Albani*

[Par Cassandre Herbert, historienne de l’art, chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

À la suite d’une importante restauration entreprise en 2010, la Danza degli amorini de Francesco Albani a enfin profité de l’intérêt qu’elle méritait grâce à la publication d’un ouvrage lui étant entièrement consacré. Selon les recherches menées par Ede Ginex Palmieri, cette œuvre aurait été commandée à partir de 1620 par le cardinal Odoardo Farnese en prévision du mariage de son neveu Odoardo I Farnese alors fiancé à Maria Cristina de’ Medici. Ce don nuptial à thématique épithalamique aurait été réalisé entre 1623 et 1625, mais il semblerait qu’en raison des interruptions et reports des noces, l’œuvre ne fut jamais consignée au commanditaire. Cette huile sur cuivre d’une grande élégance, qu’Albani répliqua à plusieurs reprises, connut un succès immédiat ainsi qu’une certaine renommée auprès des artistes et des collectionneurs qui perdurera jusqu’au XIXe siècle[1].

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Survivance ou réinvention de la culture antique ? Le laurier dans les livres d’heures français au XVe siècle

[Par Megumi Tanabe, chargée de cours en histoire de l’art à l’Université Osaka Ohtani (Japon), chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

Les livres d’heures peuvent apparaître comme un support inattendu pour la réception de la Grèce antique en France, mais ce point de vue nous permet bel et bien de découvrir, dans ce recueil de prières destinés à la dévotion quotidienne des laïcs, des éléments issus de la culture antique, méconnus jusqu’à présent, plus précisément des exemples concrets des effets de la culture ancienne sur l’art français de la période pré-moderne. Dans cette perspective, l’ornement végétal qui envahit les marges des manuscrits au XVe siècle, au terme d’une croissance progressive, offre un répertoire des plus représentatifs (fig. 1).

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Rêve de satyres et de tortues. Le frontispice du Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin à travers l’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (1554)

[Par Angèle Tence, post-doctorante ERC AGRELITA]

À l’instar d’un grand nombre d’institutions patrimoniales françaises et européennes, la Bibliothèque universitaire de Caen a mis ses collections en libre accès sur la base Normanum. Cette bibliothèque virtuelle permet de découvrir des lettres et documents manuscrits, des cartes et des plans, des photos, des estampes et des livres imprimés allant du XVe au XIXe siècle. Parmi ces documents hétéroclites figurent deux traductions modernes de l’Hypnerotomachia Poliphili ou Songe de Poliphile (littéralement, « le combat en songe de celui qui aime Polia »). La première (cote 21439) est la traduction italienne de 1545 imprimée aux presses aldines. La seconde (cote 21440) est la deuxième édition de la traduction française, parue à Paris chez Marin Masselin en 1554. Continuer la lecture de Rêve de satyres et de tortues. Le frontispice du Discours du Songe de Poliphile de Jean Martin à travers l’exemplaire de la Bibliothèque universitaire de Caen (1554)

How the Greek’s Destruction of Troy inflected French History Illumination

[By Anne D. Hedeman, Distinguished Professor Emerita at the University of Kansas, chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

Have you ever wondered why medieval manuscripts were illustrated? Or speculated about the ways in which illuminations played a role in introducing new texts and shaping their reception?

Frontispieces in manuscripts played an important role in guiding readers to understand the texts that follow. This is most notable in the visual cycles that decorate the Grandes chroniques de France, the French national history translated ca. 1274 from the Latin texts that had been written and preserved throughout the Middle Ages by the monastic historiographers at the Abbey of Saint-Denis. While the Latin chronicles compiled at Saint-Denis were unilluminated, their French translations were illustrated, because they were made for a new secular audience centered in Paris at the French court rather than for a monastic audience. And that new audience was interested in the history of the French kings, but also in romans d’antiquité, the mid-twelfth century stories of Thebes, Aeneas, Brut, and Troy that were often richly illuminated. How might the Greek destruction of Troy, a story popular in many of these texts, frame the history of the French kings?

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Quand l’histoire de France commençait à Troie

[Par Alessio Marziali Peretti, chargé de cours en études médiévales à l’Université de Montréal, chercheur invité en résidence ERC AGRELITA]

Tout au long du Moyen Âge, les historiens ont tenté de retracer l’origine des Européens dans les rescapés de la destruction de la ville de Troie. Après avoir perdu la guerre contre les Grecs, les rescapés troyens se seraient établis partout sur le continent européen et auraient fondé de nouvelles villes et de nouveaux lignages. Parmi ceux-ci, Énée serait arrivé dans le Latium pour devenir roi des Latins, et son descendant Romulus aurait fondé Rome. Un autre descendant d’Énée, Brutus, aurait bâti Londres et été le premier roi des Bretons insulaires. Le prince troyen Anténor aurait contribué à fonder Venise et Padoue. De même, les Français descendraient du Troyen Francius, fils d’Hector. Ce mythe des origines troyennes est considéré comme une vérité historique par les historiens médiévaux : toute dynastie et tout lignage européen essaie de démontrer sa parenté avec un Troyen cité dans des textes anciens. Tout ouvrage à teneur historique qui vise à remonter aux origines doit alors traiter de la guerre de Troie ou, au moins, de ses conséquences immédiates. Nombre de récits historiques s’ouvrent ainsi sur le voyage en mer des Troyens ayant survécu, qui délaissent leur patrie pour une nouvelle terre à habiter.

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Lorsque la démocratie vire à la démagogie : une lecture d’Aristote par Nicole Oresme

[Par Nicole Hochner, Maître de Conférences à l’Université Hébraïque de Jérusalem, chercheuse invitée en résidence ERC AGRELITA]

Dédicace au roi, frontispice des Politiques, traduction par Nicole Oresme, Rouen, Bibliothèque municipale de Rouen, ms. I 2, fol. 186 (détail). ©BnF, Gallica.

Saviez-vous que le manuscrit le plus ancien de la traduction en français des Politiques d’Aristote par Nicole Oresme (c. 1320-1382, collection privée, volume cité notamment par A.D. Menut comme manuscrit B dans l’édition du Livre de Politiques, 1970, p. 34) a appartenu à la collection particulière de M. de Waziers conservée au château du Sart, dans la métropole de Lille (lien)? À Lille, on peut aussi consulter un imprimé de cette traduction et de celle des Economiques, conservé à la médiathèque Jean Lévy (lien). Cet incunable, sorti des presses du fameux Antoine Vérard en 1489, démontre, s’il le fallait, la postérité et l’importance des traductions d’Aristote, qui, pour certains textes, les avaient rendus accessibles en français pour la première fois.

Le livre des Politiques d’Aristote, traduction par Nicole Oresme, Paris, Antoine Caillaut et Guy Marchant pour Antoine Vérard, 1489, f. 6. ©BnF, Gallica.
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